dépression post partum
Billets d'humeur

Dépression post partum et descente aux enfers

Je reviens vers vous avec l’article témoignage poignant d’une maman, qui nous raconte comment elle est tombée dans les affres de la dépression post partum, suivie d’une perte tragique causant encore plus de mal. Son parcours, son histoire, vous sont racontés ici de manière anonyme. Parce que toutes les mères sont juste des êtres humains, parce que ça n’arrive pas qu’aux autres, elle a souhaité que je vous raconte son histoire, sans jugement.

 

La dépression post partum

 

A ne pas confondre avec le « baby blues », qui est une période de déprime plus « légère » et passagère (environ 5 à 15 jours), la dépression post partum est plus lourde, nettement plus longue, et peut survenir à n’importe quel moment après l’accouchement.

Souvent, on peut l’expliquer par les fragilités physiologiques de la maman, les variations d’hormones, un accouchement difficile, ou encore tous les bouleversements provoqués par l’arrivée d’un enfant (gestion des multiples tâches, fatigue, manque de sommeil…).

La mère pense alors qu’elle est inutile, qu’elle n’arrive à rien, ressent un sentiment de culpabilité permanent, des anxiétés incontrôlables, une préoccupation constante à propos du nouveau-né (consultations excessives chez le pédiatre, idée que l’enfant ne va pas bien…).

Elle aura tendance à s’isoler, que ce soit de la famille, les amis, ou encore du conjoint, et à souffrir d’hyper émotivité.

Ces symptômes peuvent passer inaperçus, au début, surtout si l’on considère que l’arrivée d’un bébé va forcément bousculer l’ordre des choses, provoquer fatigue et angoisses, notamment s’il s’agit d’un premier enfant. Mais la dépression post partum doit être repérée et traitée rapidement, car elle s’estompe rarement d’elle-même, et peut provoquer des relations pathologiques précoces entre la mère et son enfant.

 

dépression post partum

 

Dans le cas de cet article, cette maman a connu non seulement une dépression post partum découverte sur le tard, mais également des souffrances encore plus dures.

 

Témoignage de notre jeune maman :

 

Q-Peux- tu te présenter rapidement ?

R- Je suis une maman de maintenant 37 ans. Mon enfant va avoir 5 ans le mois prochain. Je suis en couple depuis bientôt 16 ans.

 

Q- Quand t’es tu aperçue que tu faisais une dépression post partum ? Combien de temps après l’arrivée de ton enfant ? Quels ont été tes symptômes ?

R- En fait, je ne l’ai pas sentie venir. Je me disais que j’étais une maman anxieuse, comme toutes les autres avec leur premier enfant. Avec le recul, on peut dire que ça a commencé lorsque je suis sortie de la clinique.

Mes premiers symptômes ? Surprotection de mon enfant, ne pas sentir à la hauteur, penser que j’étais la seule à faire ce qui était bien pour mon enfant, et de grosses crises d’angoisse lorsque j’étais loin de mon enfant (au travail, ou juste en allant faire quelques courses, j’avais de grosses boules à l’estomac, un véritable déchirement). Mais la dépression post partum n’était pas encore diagnostiquée.

 

Q- Comment t’en es tu sortie ? Que s’est-il passé ensuite ?

R- Je ne me suis pas sortie de tout cela. De plus, ma maman est décédée lorsque mon enfant avait 9 mois, du jour au lendemain, 1 jour avant son anniversaire pendant les fêtes de fin d’année. Les premières fêtes de mon enfant, qui avait 9 mois à l’époque. J’ai décidé de consulter une psychiatre, qui a  enfin diagnostiqué la dépression post partum, plus une grosse dépression suite au décès de ma maman. . J’ai tenu le coup après son décès, 10 mois. Comme on dit: la casserole à pression à exploser …Je suis rentrée un jour du travail et je m’en rappelle comme si c’était hier. Je me suis posée dans le divan face à mon homme et mon père, mes paroles furent les suivantes: « je n’en peux plus, je vais perdre tête ». Ma psychiatre m’a alors donné un arrêt de travail de 6 mois et une tonne de médicaments afin de m’abrutir un maximum. L’alcool n’était pas encore mon « compagnon » à ce moment.

 

Q- A quel moment as tu sombré dans l’alcool ? Buvais-tu à visée anxiolytique ?

R- Fin 2017, suite à de lourds problèmes de santé de mon enfant (je n’avais pas besoin de ça). Je pense que je buvais pour évacuer mon stress et sortir un peu de cette réalité trop injuste à mon goût.

 

Q-Les relations avec ton enfant ont-elles été plus difficiles, identiques ? S’en est-il aperçu ?

R- Un enfant est une éponge et sentait le mal être de sa maman mais nous avons toujours réussi à communiquer afin d’exprimer nos émotions (étant sobre depuis plusieurs mois aujourd’hui, cela est plus facile au quotidien)

 

Q- As-tu subi des reproches, de la part d’amis/parents/entourage/travail ?

R- Ma famille ne m’a jamais jugée, que du contraire car ils ont bien compris que je ne faisais pas cela par plaisir mais que j’étais malade. Mes proches ont fait des km pour venir me soutenir – sans aucun jugement.
Concernant les amis, je les ai pratiquement tous perdus, j’en compte 4 sur les doigts d’une main et encore aujourd’hui, j’en perds … enfin je ne perds rien de précieux, je perds des commères aux langues de vipères (toujours se méfier de l’eau qui dort). Côté professionnel – je suis en reconversion. Un burn-out n’a pas aidé.

 

Q- Ton conjoint a-t-il été là pour toi ? Quelle a été sa réaction ?

R- Il a toujours été à mes côtés mais il supportait la situation de moins en moins (normal) – il était désemparé et ne savait pas comment m’aider dans ma souffrance et mon addiction.  Comme je l’ai dit, je suis sobre, mais début cette année, j’ai rechuté une journée, et il était au bout du rouleau (ce qui est plus que compréhensible) et beaucoup de discussions sont venues sur le plateau dont la séparation et la perte de la garde de mon enfant car je suis allée trop loin dans ma consommation.

 

Q- Comment t’en es tu sortie (qu’est ce qui a été le déclencheur pour un sevrage ? )

R- D’abord je tiens à préciser que l’on s’en sort jamais, c’est un combat de tous les jours et cela à vie. Comme une allergie aux fruits de mer. Comme une personne obèse qui a fait une sleeve, elle sait qu’elle ne peut plus sombrer dans la malbouffe. On s’y habitue petit à petit et surtout chaque jour sans, est une victoire. Mon sevrage? La perte de mon homme et de ma fille  – mourir jeune comme ma mère à cause de sa dépendance à la nicotine qui l’a emportée à 61 ans – elle n’a pu voir sa petite fille grandir et elle a laissé derrière elle, un mari malheureux et une fille unique qui a perdu ses repères du jour au lendemain. Je ne veux pas imposer cela à ma fille et je ne veux plus m’imposer cette morte lente …

 

Q- Dirais tu que la dépression post partum a été le déclencheur des faiblesses morales et de ton addiction ?

R- Je ne sais pas si c elle qui a tout déclenché, je pense que ça été la post partum et le décès de ma maman 9 mois après la naissance de mon enfant, et vouloir jouer les mamans et femmes super fortes ensuite qui a fait que je suis tombée tout doucement dans les abysses. En fait, on ne se rend pas tout de suite compte de tout ce qui nous arrive … ça prend le dessus petit à petit.

 

Q- Pourquoi souhaites tu témoigner aujourd’hui, as tu un message à faire passer aux jeunes parents ?

R- La dépression post-partum, à l’heure actuelle est encore tabou, mais elle est bien présente. Nous sommes des femmes avec nos émotions et nos hormones qui partent dans tous les sens lors de la grossesse et après … et non des robots.
Les gens autour ne comprennent pas notre mal être alors que nous venons d’accomplir la plus belle chose au monde: donner naissance et devenir maman. Malheureusement, il est trop tard lorsque l’on s’en rend compte. Les proches le voient peut-être mais laisse cela de côté car le bébé est plus important que la maman. La culpabilité frappe 1000x à notre porte car nous avons tout pour être heureuses d’après nos familles – proches – amis. Alors, il faut surtout dans cette société tellement perfectionniste, montrer que nous vivons un conte de fées alors que cela est loin d’être la réalité.

Ce mal être ne change en rien que nous aimons notre enfant qui nous colle aux tripes et au cœur! Contrairement à ce que peut penser la plupart des gens, nous sommes juste des mamans qui sortent un peu de l’ordinaire, nous combattons tous les jours contre nos démons intérieurs et aimons nos enfants parfois plus que des mamans « normales » mais nous rentrons dans un autre débat, qu’est-ce la normalité?

Mon témoignage est actuellement anonyme mais si vous souhaitez que l’on en discute, parlez en avec la maîtresse de ces lieux afin de voir si j’accepte ou non vos requêtes.

 

 

Je remercie cette maman pour ce témoignage, il fallait oser, c’est courageux. Avez-vous subi cette dépression post partum ? Auriez vous des questions à poser à cette maman ?

 

 

 

 

Illustration : Avec l’aimable autorisation de l’excellente Mym’s de Ma vie de maman illustrée

Site internet : https://www.maviedemamanillustree.com

Maman de 4, overbookée, active ,et make up addict ! Billets d'humeurs, d'humour, coups de coeur et découvertes

3 Comments

  • unbrindemaman

    J’en avais déjà entendu parlé sans plus. Ce témoignage est vraiment poignant. La maman est vraiment très importante, autant que le bébé, il faut s’en occuper, lui parler… une femme seule qui vient de vivre des bouleversements physiques et hormonaux a besoin qu’on s’occupe d’elle et ce témoignage en est la preuve !

  • albi

    J ai également fait une dépression post partum suite a la naissance de mon 2eme enfant. J ai vécu l enfer et remonte petit a petit la pente. Je souhaite adresser un message aux femmes qui pourraient se reconnaître dans le témoignage de cette femme et mère. Faites vous aider! N attendez pas!

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :