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Confinement et séquelles psychologiques

52 jours de confinement, un retour à l’école le 11 mai, entaché par des gestes barrières, des interdictions, des copains manquants, des ATSEM masquées et une distanciation sociale.

Un retour à la (presque) normale 15 jours avant la fin officielle des cours.

Tout ça a provoqué bon nombre de séquelles chez pas mal d’enfants, notamment les plus jeunes.

Le confinement

Vous avez pu lire mes quelques mots sur le confinement , ici par exemple. Il aura duré longtemps, très longtemps. Et il a été brutal. On est passés de l’école à… plus rien, d’un seul coup ! Ma cadette, qui est (était) interne en lycée, avait reçu la consigne de ramasser les affaires et manuels dont elle aurait besoin pour les 15 jours à venir (et au final, elle n’y retournera jamais).

Mon aînée, à la fac, a vu la fin de son cursus arriver beaucoup plus vite que prévu.

En un week end, tout a basculé. Plus d’école, plus de sport, plus de musique. Plus de ballades, interdiction de sortir. Gel hydroalcoolique, masques, protection. Des alertes « Coronavirus » diffusées en boucle dans tous les médias. Même leur mythique et adoré Disneyland avait fermé ses portes ! Nous, parents, obligés de trouver des solutions, de rester à la maison, de faire l’école. Une ambiance apocalyptique en somme.

Et pour les plus jeunes, un choc. Un changement brutal de manière de vivre, aussi bien en société qu’à la maison.

L’isolement

Il n’a pas été facile pour eux de tout arrêter d’un coup, sans prévenir. Ils n’ont pas pu finir le travail qu’ils avaient commencé en classe, pas pu dire au revoir aux copains. Les fêtes d’anniversaire ont été annulées. Ils se sont retrouvés subitement enfermés, avec les parents pour seule compagnie (torture ^^). Pendant des jours, leur quotidien a été identique, morne, long, rythmé par les devoirs, et…rien. Au mieux ils avaient du terrain pour se défouler, au pire, les murs…

Pour les plus grands, le manque des copains copines s’est fait sentir. Les appels vidéo, les moments instagram ou snapchat ont aidé, mais pas remplacé un vrai contact.

Ma plus grande était confinée à 60km d’ici, chez son copain. Ce fut dur pour tout le monde de casser le rythme familial habituel.

Les questions (et pas forcément de réponses)

« Dis pourquoi il est venu le coronavirus ? » « tu crois qu’il va partir ailleurs ? » « et pourquoi il nous attaque ? » « on peut mourir ? »

Autant de questions que de jours. Nous avons tenté d’y répondre de la manière la plus pragmatique possible, sans détail glauque mais avec de vraies informations. Leur petit cerveau a turbiné pour essayer de comprendre. Nous avons éteint tous les supports de médias, qui (selon moi) ne faisaient qu’entretenir le climat de peur.

Certaines questions étaient quand même très profondes, pour l’âge qu’ont mes enfants. La maladie, la peur, la mort, tout y est passé.

Il nous a semblé crucial de ne surtout pas laisser paraître trop d’angoisse, ou de peur, les enfants sont de véritables éponges, et ils auraient aussitôt absorbé tout ça.

Les séquelles du 11 mai

Ce jour où nous avons été (en partie) déconfinés….Où le travail a dû reprendre pour certains, et le retour à l’école s’est imposé pour leurs enfants.

Je pense que c’est entre cette période et le 22 juin que mes deux plus jeunes enfants ont été véritablement chamboulés. Des cours barricadées, des aires de jeux fermées. Les 3/4 des copains n’étaient pas revenus. Pour ceux qui y étaient, interdiction de se toucher, d’interagir, de se prêter des jouets.

L’instituteur de mon CE1 n’était pas revenu, mon fils a donc dû être dispatché dans une classe inconnue. Pour mon maternelle, aucun copain, ou presque, surtout à la cantine. Il mangeait seul.

A la question « as tu passé une bonne journée ? » ils répondaient invariablement oui, mais c’était visiblement un oui convenu, comme s’ils avaient peur de dire que non, qu’ils avaient passé une journée pourrie, seuls, à s’ennuyer.

Changement de comportement

Progressivement, nous avons repéré des changements dans leurs comportements :

  • Des « colères » de plus en plus fréquentes.
  • une hypersensibilité qui provoquait des réactions disproportionnées à n’importe quelle situation.
  • Des besoins en présence, en câlins, en réconfort, nettement plus prégnants qu’à l’habitude.
  • Des insomnies, des cauchemars.
  • Mon maternelle a commencé à parler en « bébé », articulant à peine ses mots.
  • les « 1 mètre » l’ont vraiment perturbé il n’arrêtait pas de répéter à quel point ça le gênait.
  • Des angoisses liées au retour en société, avec des questions de type : « j’ai touché mon copain S. à l’école, mais j’ai pas fait exprès, tu crois qu’à cause de moi il va avoir le corona? » « et pourquoi on revient si le corona il est pas encore parti ? »

Nous n’avions malheureusement pas d’autre choix de garde, et ne pouvions pas rester à la maison.

Sur nous, parents, également, cette situation a eu un impact. Nous n’étions pas rassurés, toujours inquiets, nous nous sentions coupables de ne pas avoir d’autre choix. Nous savions qu’en les laissant là-bas, leur journée allait être perturbante. Les grands parents étaient encore invités à garder leurs distances et ils étaient malheureusement notre seule solution.

Un retour à la presque normale ?

Si mes grandes n’avaient plus rien à espérer du 22 juin, car le chapitre scolaire était définitivement clos, mes deux garçons attendaient beaucoup de cette date. Un retour du maître de CE1, et de sa classe habituelle, le nombre de copains qui allait augmenter, la fin de la distanciation pour les maternelles.

Aujourd’hui, si le climat général semble s’être légèrement apaisé, il n’en reste pas moins des questionnements de leur part. Ils sentent bien que ce n’est pas fini, ils voient bien que la cour d’école est encore divisée, ils mangent encore par groupes à la cantine. Ils se demande quand cela va s’arrêter ?

Le confinement aura laissé des séquelles à nos enfants. Nous les incitons à parler ouvertement de ce qui les a chagriné, ou les chagrine encore, histoire de faire sortir le mal-être qui règne. Le travail est loin d’être fini.

Désormais il y a un avant et un après.

Maman de 4, overbookée, active ,et make up addict ! Billets d'humeurs, d'humour, coups de coeur et découvertes

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